Interview: Dominique Leroy, CEO

Interview: Dominique Leroy, CEO

“Je trouve bien que – à côté d’initiatives du privé – il existe aussi un organe officiel, qui a prouvé son utilité depuis plus d’un demi siècle et qui a déjà joué un beau rôle dans la reconnaissance des hommes.”

Mettre les choses en mouvement ensemble avec les hommes.

D_LeroyProximus est une entreprise de télécommunications et fournisseur d’ICT, active sur les marchés belge et international. Dominique Leroy est née à Bruxelles en 1964. Elle est mariée et mère de deux fils (19 et 17 ans). A côté de sa famille et de son job, elle a une passion pour la musique, les voyages, l’art moderne et le sport. Comme CEO de Proximus, Dominique Leroy croit que le monde connecté doit aider les hommes et les organisations à mieux vivre et à travailler de manière plus efficace.
Comme fournisseur de téléphonie, d’internet, de télévision et de services ICT, Proximus est le coureur de tête en Belgique et se prononce pour un monde connecté qui soit accessible à tous et qui contribue activement au développement économique, social et écologique de la société dont il fait partie.
Madame Leroy franchit le pas vers Proximus en octobre 2011 comme Vice President Sales pour la Consumer Business Unit. En juin 2012 elle est promue Executive Vice President de la Consumer Business Unit et devient membre du comité de direction. En janvier 2014 elle est nommée CEO du Groupe Proximus. En 2015, elle a été élue “Manager de l’année” par Trends /Tendances et Canal Z. Elle a la ferme intention de transformer l’entreprise et de la faire renouer avec la croissance d’ici 2016.

Connaissez-vous l’Institut Royal des Elites du travail et le Collège Royal des Doyens d’Honneur du Travail, leurs missions et leurs activités?

Je dois honnêtement reconnaître que je ne connais pas très bien l’Institut Royal en tant que tel. Mais je sais bien que vous récompensez régulièrement des hommes avec une reconnaissance et une distinction honorifique pour leurs mérites professionnels. Il y a de fait tant d’hommes qui ont du talent et qui s’impliquent. J’ai moi-même régulièrement reçu ces dernières années un titre ou un award. Je me suis chaque fois sentie honorée et aussi un peu fière. Ces “awards”, je les ai obtenus avec et surtout grâce aux 14.000 collaborateurs de Proximus. C’est pourquoi je trouve bien que des hommes qui sont moins dans la mire – car cela est plus facile en tant que CEO – reçoivent aussi la reconnaissance qu’ils méritent. Ceci est possible grâce à des distinctions honorifiques telles que “Lauréat du Travail” et “Doyen d’honneur du Travail”. Je trouve aussi que c’est bien que ces distinctions honorifiques soient accordées indépendamment du niveau et du statut du travailleur, mais aussi sur base d’une saine procédure de sélection.

Le Travail donne un sens à notre vie et est un important facteur de promotion de l’intégration dans la société. Le travail peut et doit être soutenu de diverses manières. L’IRET apporte sa petite pierre en reconnaissant officiellement et surtout en encourageant les mérites des employeurs, des travailleurs et des indépendants qui prestent particulièrement bien. Certains pensent que ceci n’est pas la tâche des pouvoirs publics, d’autres bien. Quelle est votre opinion à ce sujet?

Je trouve bien que – à côté des initiatives du privé – il existe aussi un organe officiel, qui a déjà prouvé son utilité depuis plus d’un demi-siècle et qui a un beau rôle à jouer dans la reconnaissance des hommes.

Reconnaissance

Le fait que ces décorations sont décernées par une institution d’utilité publique, l’Institut Royal des Elites du Travail, qui travaille à cette fin en collaboration avec les organisations patronales, les associations professionnelles, les organisations syndicales représentatives et les pouvoirs publics, rehausse à mon avis la valeur de cette reconnaissance.

Il est en effet d’une importance cruciale que les pouvoirs publics aussi reconnaissent des hommes pour leurs activités professionnelles.

Y-a-t-il selon vous dans notre société moderne, suffisamment d’attention et de respect pour les valeurs universelles du travail et l’engagement social? Proximus est-elle prête à envisager de démarrer une procédure de sélection, en concertation avec l’IRET?

Engagement professionnel

Au sein d’une entreprise, il est important de donner un but aux collaborateurs et d’expliquer la manière dont vous voulez l’atteindre. Le succès d’une entreprise vient entre autres de l’expertise, de la motivation et de l’engagement professionnel des collaborateurs. Vous devez communiquer de façon transparente, motiver et inspirer, simuler la collaboration, mettre chacun au défi de faire mieux.

Chez Proximus nous avons – à côté d’un système d’évaluation pour stimuler positivement les collaborateurs – mis l’accent depuis l’an dernier sur des valeurs telles que adaptabilité, travail d’équipe et responsabilité. Nous optons aussi pour le feedback et le coaching: le feedback est un cadeau. Je suis devenue celle que je suis parce que des personnes ont eu le courage pendant ma carrière de me reprendre, de façon constructive bien entendu.

Alors vous pouvez croître dans votre job et être vous-même. Mettre les choses en mouvement ensemble avec les hommes, j’en retire beaucoup de satisfaction, d’énergie, plus qu’à partir des chiffres.

Motiver et inspirer les autres, les mettre au défi de mieux faire, cela est selon moi le rôle le plus important d’un CEO. Le travail des volontaires mérite d’ailleurs aussi tout l’appui, car les volontaires forment aussi un réseau nécessaire pour notre vie en commun.

Approche actuelle

Si, avec la deuxième partie de la question, vous me demandez si à l’avenir les collaborateurs-Proximus seront candidats à une distinction honorifique, alors je peux seulement dire que j’applaudirais effectivement que plus de collègues reçoivent la reconnaissance.

Suite à l’avis du CNT, l’IRET est maintenant déjà occupé depuis quelques années avec une nouvelle approche pour la procédure de sélection des « Lauréats du Travail ». Il doit maintenant être plus pris en compte ce qui vit au sein des secteurs et on établit des critères spécifiques. On travaille maintenant aussi d’une manière très souple, entre autres en écartant autant que possible la bureaucratie du système. Comment voyez-vous cette évolution et va-t-elle dans la bonne direction?

Il est bon que l’Institut Royal simplifie la façon de travailler et la mette plus en conformité avec les techniques modernes. Il y a déjà trop de tracas administratifs dans notre monde. Une approche plus actuelle va apporter une nouvelle dynamique et veiller à une plus grande connaissance de ces décorations. Votre déménagement au siège du Conseil national du travail ne peut que faire du bien à la collaboration entre toutes les instances concernées. Au plus simple et transparente la procédure, au plus votre organisation sera connue, au plus des hommes se porteront-ils candidats. Je souhaite donc aussi un bel avenir aux Elites du Travail.

Madame Dominique Leroy, par George TAMBUYSER

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