Interview: Patrick Vandenberghe et Pierre Cuppens: CSCBIE

 

La CSCBIE participe et soutient de façon maximale – et ce depuis de très nombreuses années – formellement les promotions des Lauréats du Travail via un apport positif dans les comités organisateurs.

 

La CSCBIE promeut et perpétue une belle tradition

Patrick Vandenberghe

Depuis le 1e janvier 2017, Patrick Vandenberghe est le nouveau président de la CSCBIE (CSC Bâtiment-Industrie & Energie). Depuis 1990, Patrick est actif au sein de la CSC et il a fait son entrée à la direction de la CSCBIE en 2008. Pierre Cuppens est le secrétaire général de cette centrale professionnelle qui compte plus de 275.

Pierre Cuppens

Pierre Cuppens

000 membres. Elle est donc une des plus grandes centrales de la CSC.

Avec les autres membres du bureau, ils s’engagent avec conviction pour le bien-être des travailleurs dans les secteurs professionnels. C’est bien volontiers que Patrick et Pierre ont pris le temps nécessaire pour répondre aux questions de la rédaction du Bulletin d’Information.

Incite-t-on et motive-t-on les membres, les secteurs et les entreprises de la CSCBI,  avec les employeurs,  pour passer les épreuves de sélection afin d’obtenir l’insigne d’honneur du Lauréat du Travail?

Patrick Vandenberghe:

– La CSCBIE participe et soutient de façon maximale – et ce  depuis de très  nombreuses années – formellement  les promotions des Lauréats du Travail via un apport positif dans les comités organisateurs. Mon expérien­ce en cette matière concerne surtout les ateliers protégés, les secteurs du papier et de l’industrie graphique. Pierre a plus d’expérience au niveau des secteurs de la construction.

Pierre Cuppens:

– Objectivement, nous devons constater tous les deux que l’intérêt de nos gens dans les entreprises diminue. La question est la suivante: “Que fait notre centrale pour inverser cette tendance?”. De notre côté, nous essayons encore et toujours de soutenir l’initiative de façon maximale. Nous constatons, en même temps, que toutes les organisations ne peuvent/ne veulent pas fournir ce même effort.

Patrick Vandenberghe:

– Nous ne contribuons pas uniquement au travail des  comités organisateurs mais en outre, nous propageons l’opportunité d’être lauréat dans nos secteurs et nos entreprises parce que, avec nos militants, nous sommes convaincus de la plus value d’une telle reconnaissance officielle.

– Cependant, cela devient difficile si de plus en plus de chefs d’entreprise commencent à se poser des questions quant au sens de l’opportunité d’être lauréat. Ainsi, j’ai connu la situation suivante : dans un petit secteur qui était encore disposé à fournir une contribution financière, il s’agissait des frais des médailles et de la cérémonie de remise des médailles, en fait tout l’encadrement de l’événement, mais on se posait de sérieuses questions quant à l’utilité de cette initiative.

– Certaines entreprises plus importantes refusent, parfois résolument, de collaborer. Elles estiment que le fait de récompenser leur personnel en raison de leur compétence professionnelle et de leur engagement, constitue une affaire interne et doit par conséquent se faire par leur propre service de GRH.

L’intérêt est toujours là

– Nous pensons en tout cas qu’il y a toujours suffisamment d’intérêt de la part de nos gens dans les secteurs et les entreprises. L’intérêt a diminué mais est toujours là. Ensemble, avec les employeurs, nous devons faire connaître l’initiative, car qui ne connait pas n’aime pas. L’étang est devenu plus petit mais à mon avis on n’y pêche pas assez.

La CSCBIE estime-t-elle que l’année 2017 est à juste titre une année importante pour les travail­leurs/employeurs et les indépendants pour recevoir une reconnais­sance/distinction officielle qui  les récompense pour leur compétence professionnelle et/ou leur engagement social?

Pierre Cuppens:

– Oui, nous continuons à trouver cela très important. Les distinctions sont moins sexy mais il y a toutefois encore un groupe important qui apprécie une distinction officielle.

– Comment redynamiser l’initiative?  Principalement en s’adressant aux intéressés eux-mêmes. Une grande partie des non-intéressés actuels ne pourra plus être convaincue même si on y associe une indemnité financière (même si ce n’est pas réalisable).

– Le recul ne date pas d’aujourd’hui. A la Centrale, à un moment donné,  nous nous sommes posés la question suivante : ne devons-nous pas réagir car il s’agit quand même d’une distinction importante pour les travailleurs et aussi pour les employeurs.

– Pendant et après les cérémonies de remise des distinctions, j’ai eu l’occasion de constater que l’aspect fami­lial est également très important et qu’il accroît le sentiment de cohésion.

Patrick Vandenberghe:

– A un moment donné et à la demande de l’Institut des Elites du Travail, nous nous sommes réunis pour discuter d’une modernisation des procédures. J’ai trouvé cette initiative très bonne car la procédure et l’habillage de l’événement nécessitaient un changement  indispensable.

La cohésion

– Nous comptons également sur nos Doyens d’Honneur car ce sont eux nos ambassadeurs dans les entreprises et dans les secteurs. Ils sont là pour nous nous aider à réaliser toutes ces choses et pour nous assister de leurs conseils avisés.

Pierre Cuppens:

– Pour promouvoir la cohésion entre les Doyens d’honneur et afin de montrer notre reconnaissance pour leur engagement, la CSCBIE organise une fois par an une assemblée à la Centrale. L’Institut est également invité à cette réunion pour insister sur l’échange mutuel et sur l’importance du projet.

–Le fait est que la dynamique doit surtout se développer du côté des secteurs et avec ces derniers afin de fournir l’oxygène nécessaire pour donner un nouvel élan à l’ensemble.

 

Comment la CSCBIE juge-t-elle la structure actuelle et le fonctionnement de l’Institut royal? Cela peut-il rester tel quel ou une modernisation/restructuration s’impose-t-elle et si oui, de quelle manière peut-on donner forme à ce renouvellement?

Patrick Vandenberghe:

– L’Institut royal des Elites du Travail est organisé de manière correcte. Il s’agit d’une distinction royale et il faut une certaine classe. On ne peut pas moderniser et se dire par la suite qu’il ne reste quasiment rien. L’Institut doit surtout s’investir pour faire connaître les sélections.

– Le seuil est déjà très bas. Même sans épreuves de compétence, avec une simple inscription et une attestation de l’employeur, peu de personnes sont intéressées.

–  Surtout les organisations d’employeurs doivent accepter de  pousser à la charrette afin de rendre le programme et la cérémonie de remise des distinctions agréables et attrac­tifs,  en y associant par exemple une visite de l’entreprise, d’un musée ou l’organisation d’un concert.

– La CSCBIE reste convaincue que l’initiative n’a pas uniquement de l’avenir mais que nous continuerons à la promouvoir afin que cette belle tradition soit poursuivie. Nous aborderons le sujet avec nos partenaires – employeurs et travailleurs – afin de promouvoir ensemble l’initiative dans nos entreprises et nos secteurs.

Dusoleil et G. Tambuyser

Traduit par Bernadette Bonneux

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